Le Service public audiovisuel, fierté de la République 

Le Service public audiovisuel, fierté de la République 

La SDJ de Radio France déplore le climat délétère propagé ces dernières semaines par des articles de presses, des « fuites » de rapports, des informations approximatives ou des propos violents attribués à des responsables politiques sur l’audiovisuel public.

Ces attaques sont injustifiées et inquiétantes.

Elles relèvent d’une caricature grossière de l’audiovisuel public, s’appuyant souvent sur des arguments exclusivement comptables dénués de contexte et d’analyses des multiples métiers qui composent l’audiovisuel public et de la réalité du travail qui y est exercé.

Elles entretiennent le mythe selon lequel l’audiovisuel public serait une gabegie financière pour fonctionnaires de l’information, à la charge des contribuables français. Et elles interviennent de surcroît dans un climat général de défiance à l’encontre des journalistes, pourtant essentiels au bon fonctionnement de notre démocratie.

La SDJ rappelle que dans le cas de Radio France, c’est l’Etat qui n’a pas respecté le contrat d’objectifs et de moyens qu’il avait signé en 2014, alors que des efforts budgétaires et humains considérables sont déjà à l’œuvre depuis plusieurs années : coupes budgétaires, restructurations de service, non-renouvellements de poste, baisses d’embauche ou des CDD.

Si la SDJ de Radio France entend la volonté d’améliorer la gestion et le fonctionnement de l’audiovisuel public pour qu’il soit mieux adapté aux nouveaux supports de diffusion et mode de consommation de l’information, elle souligne qu’une vaste réforme de l’audiovisuel public ne peut pas être réalisée à marche forcée, sur des bases comptables, sans vision réaliste et porteuse.

La pluralité de l’information est en jeu. N’est-elle pas menacée avec un rapprochement France 3, France Bleu, souhaité par le gouvernement et plus que sérieusement examiné par nos dirigeants ? Mathieu Gallet a évoqué dans la presse des “expérimentations de matinales communes, audio, vidéo et numériques”. Quand, comment et même pour quel intérêt radiophonique ? Pas de réponse… Il serait donc prêt à jouer aux apprentis sorciers avec ces Matinales locales qui bénéficient d’un regain d’audience ? La pluralité de l’information n’est-elle pas menacée, non plus, par l’idée d’une holding hyper centralisée contrôlée par l’Etat, sur le modèle de l’ORTF ? La SDJ estime que les exemples des réformes des médias publics britanniques, canadiens ou allemands ne sont pas une panacée à imiter aveuglément. Une fusion, une confusion des antennes ne manquerait pas de déstabiliser et de fragiliser nos bonnes audiences, y compris sur le Web.

La SDJ de Radio France restera donc vigilante au cours des prochaines semaines et des prochains mois, en attendant de connaitre les intentions précises des directions de Radio France, France Télévision, l’INA et France Media Monde, puis celle de l’Etat.

Elle appelle les pouvoirs publics à ne pas tomber dans le piège d’une fausse réforme, qui privilégierait ce qui est dans l’ère du temps : des économies, rien que des économies – le flux, rien que le flux.

Elle appelle aussi les journalistes et les autres corps de métiers de l’audiovisuel public à ne pas tomber dans le piège tendu par ceux qui provoquent, caricaturent nos métiers ou jettent l’opprobre sur nos structures pour générer des divisions ou des réactions qui faciliteraient ensuite l’imposition d’une réforme draconienne.

La SDJ Radio France

 

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