Revendication de l’incendie des locaux de France Bleu Isère : la SDJ réagit

La SDJ de France Bleu condamne fermement l’incendie volontaire qui a  endommagé les locaux de France Bleu Isère à Grenoble lundi, et réagit à la revendication ce mercredi d’un blog anarcho-libertaire dénonçant “les industriels d’hypnoses collectives, contre les fabricants de subjectivités consentantes à la société existante”.

Les auteurs de ce texte n’ont probablement jamais écouté France Bleu Isère ou lu ses reportages sur Internet. Sans doute n’ont-ils jamais entendu les auditeurs qui s’y expriment, les reportages aux quatre coins du département et ses émissions de service public.

France Bleu est une radio publique de proximité, d’information, d’entraide, qui n’a pas l’habitude d’être prise pour cible. Ses équipes (journalistes, animateurs, techniciens, standardistes, personnels administratifs) sont présentes dans des territoires parfois désertés par toute autre forme de service public. Elle représente, pour certains auditeurs, un lien social, un rempart contre la solitude.
France Bleu a pour vocation d’informer tout le monde au plus près, à la radio et sur le numérique. C’est la mission qu’elle réalise en toutes circonstances, attentats, intempéries, mouvements sociaux. Et en toute liberté, sans accepter aucune pression, d’où qu’elle vienne.

La SDJ de France Bleu apporte tout son soutien à l’équipe grenobloise et la félicite pour sa réactivité. Les émissions à la radio ont repris depuis Grenoble à peine quinze heures après le sinistre, grâce à l’hospitalité des confrères de France 3 Alpes.

Jamais France Bleu Isère n’a reçu autant de témoignages de soutien, c’est une défaite pour ceux qui ont cru lui porter préjudice. Le service public radiophonique répond à une exigence de continuité qui ne rompra jamais devant les menaces en tout genre et leurs plus basses exécutions.

La SDJ de France Bleu

Gilets jaunes : Le temps du débat avant l’acte 9.

Depuis deux mois, le mouvement des « Gilets jaunes » a envahi notre antenne comme celles de toutes les chaînes d’information continue. Face à un phénomène aussi protéiforme et difficile à cerner, la rédaction s’est mobilisée pour essayer d’informer nos auditeurs le plus honnêtement possible. Sur le terrain nos reporters sont comme tous les journalistes confrontés à des difficultés croissantes : Violence à l’encontre des médias, expression d’une colère dont nul ne discute la légitimité, mais qui ne parvient pas à se transformer en pensée rationnelle comme dans les autres mouvements sociaux, expressions d’idées extrêmes, xénophobes, antisémites, homophobes, ouvertement séditieuses. Cette situation inédite nous oblige à redoubler de vigilance dans le traitement qui est le nôtre.

La première question que nous devons débattre ensemble est celle de la place donnée à ces événements sur l’antenne. Au plus fort de la mobilisation, et même si le ministère de l’intérieur minore sans nul doute les chiffres, il y’a eu 250 000 manifestants. Bien moins que lors des manifestations contre la loi travail sous François Hollande. Lors de l’acte 8, samedi dernier, ils n’étaient que 53 000 et nous avons parlé sur l’antenne d’une reprise du mouvement, comme si les chiffres des samedis durant les vacances étaient la bonne référence, alors qu’il aurait fallu comparer avec l’acte 5 et donc constater une baisse. Etait-il, avec une telle mobilisation, nécessaire de multiplier autant les spéciales ? Jusqu’au dimanche matin ? Fallait-il en faire autant sur la garde à vue d’Éric Drouet, alors que le monde continue de tourner et que par la force des choses, d’autres informations sont sous-traitées ou pas traitées du tout ? Nous n’affirmons rien, mais nous nous interrogeons et le temps nous semble venu d’ouvrir le débat dans la rédaction, il en va de notre crédibilité. Nous le savons, le risque d’ « hystérisation » de l’info existe.

La deuxième question est celle des choix éditoriaux. Tous les journalistes qui suivent le conflit depuis le début, y compris celles et ceux d’autres services que le reportage sont nos yeux et nos oreilles sur le terrain. Quand un reporter fait remonter du terrain qu’il ne voit qu’une dizaine de gilets jaunes dans la rue, est-il vraiment nécessaire de lui demander de faire un direct toutes les demi-heures ? Quand on leur demande de mettre à l’antenne des « gilets jaunes » et que bien souvent cette parole dérape, sans contradiction, voire contribue à banaliser des pensées nauséabondes, n’est-il pas temps de lever le pied et de nous demander quels angles précis doivent aborder nos journalistes sur le terrain ?

 

La SDJ de France Info a recueilli ces derniers jours beaucoup de témoignages dans toute la rédaction et exprime ici des interrogations légitimes. Avant l’acte 9 du mouvement samedi, il nous semble indispensable de réfléchir ensemble et de nous fixer des règles précises. La période que nous vivons est complexe, elle nous oblige. Radio de service public, nous devons sans doute plus que jamais marquer notre différence, avec pour seule ligne, le respect : Respect des faits, de notre antenne, de ceux qui la font, de ceux qui l’écoutent.

 

 

 

 

 

 

Stop au harcèlement Monsieur Mélenchon

Une fois de plus Jean-Luc Mélenchon s’est attaqué à la cellule investigation de Radio France et aux services d’enquête d’autres médias, cette fois-ci à la tribune de l’Assemblée Nationale, lors de l’examen de la proposition de loi sur la lutte contre la manipulation de l’information.

Mais il a passé un nouveau cap hier en citant nommément dans l’Hémicycle un de nos collègues. Il s’en prend à sa probité pour jeter le discrédit sur l’ensemble de son travail d’enquête consacré aux comptes de campagne de la France Insoumise.

Contrairement à ce que sous-entend Jean-Luc Mélenchon, Sylvain Tronchet n’a jamais fait de conseil politique. Il a créé en 2011 une auto-entreprise qui ne lui sert qu’à facturer des cours dans une école de journalisme, et payer l’URSSAF à ce titre.

Le travail d’investigation de Radio France déplaît à Monsieur Mélenchon, nous l’avons compris. Nous voici obligés de rappeler que  le traitement de l’information des journalistes de Radio France (qui ne sont pas fonctionnaires) ne fait l’objet d’aucune approche partisane, de censure ni d’autocensure.

La SDJ de Radio France apporte son soutien total à Sylvain Tronchet (qui n’est pas directeur de la cellule investigation de Radio France comme M. Mélenchon l’affirme) et à l’ensemble de la cellule investigation ayant déjà fait l’objet de critiques virulentes de la part de M. Mélenchon et d’autres membres de la France Insoumise.

A ce sujet, une plainte a été déposée par la direction de Radio France.

La SDJ de Radio France

Lettre ouverte de la Sdj Radio France à Mr Mélenchon

 

 

 

Les « abrutis » de France Info à Mr Mélenchon…

 

 

 

Monsieur Mélenchon,

 

 

Hier, vendredi 19 octobre, vous avez dans une vidéo violemment attaqué le travail des journalistes de la cellule investigation de Radio France. Critiquer, contester, démentir le contenu d’une enquête journalistique est votre droit le plus strict. Votre collègue, député de la France Insoumise, Adrien Quatennens, invité de la matinale de France Info vendredi matin ne s’en est pas privé. Vous êtes le bienvenu pour le faire sur toutes les chaînes de Radio France, mais  vous refusez systématiquement les invitations qui vous sont lancées. Car selon vous, les radios de Radio France ne sont pas des chaines de service public, mais des radios d’Etat. Étonnant concept que voilà, des radios d’Etat qui invitent les plus farouches opposants au pouvoir en place… Dans votre vidéo, vos affirmations sont autant haineuses qu’imprécises et erronées. Tout d’abord, vous réservez vos insultes aux seuls journalistes de France Info, sachez que la cellule investigation de Radio France est une entité transversale, il y’a donc des « abrutis » dans toutes les rédactions de Radio France. Entité transversale qui depuis sa création fait un travail salué par tous et qui, Mr Mélenchon s’intéresse autant aux comptes de campagne de la France Insoumise qu’à ceux de La République en Marche. Entité transversale qui se doit de coordonner la publication de ses enquêtes sur plusieurs chaînes, c’est pourquoi, contrairement à ce que vous affirmez, il n’a jamais été question de diffuser ces reportages mardi dernier, mais, comme chaque semaine vendredi, sur France Inter et France Info dans une version allégée, puis samedi, dans de formats plus larges sur France Info et dans l’émission « Secrets d’info » sur France Inter.

 

Plus loin dans votre intervention, vous invitez vos soutiens à nous « pourrir » et nous « discréditer », car, parlant des journalistes de France Info (vous oubliez tous les autres), vous poursuivez : “Ils ont l’air de ce qu’ils sont, c’est-à-dire d’abrutis. Je demande à ceux qui nous suivent de relayer nos arguments, de montrer pourquoi France Info ment et de discréditer les journalistes qui s’y trouvent”.” Relayez, relayez sans arrêt. Pourrissez-les partout où vous pouvez. Parce qu’il faut qu’on obtienne au moins un résultat […] il faut qu’à la fin il y ait des milliers de gens qui se disent ‘Les journalistes de France Info sont des menteurs, des tricheurs’.”

 

Que répondre à tels propos ? Mardi vous assuriez que votre personne était « sacrée ». Alors voilà, Mr Mélenchon ce qui est « sacré » pour nous : L’information. Oui, ça peut paraître désuet dit comme ça, mais sachez que les journalistes de Radio France ont chevillée au corps la conviction que dans leurs radios de service public (et toutes les enquêtes de satisfaction du public le confirment) le traitement de l’information ne fait l’objet d’aucune approche partisane, de censure ni d’autocensure. Et la Société des Journalistes qui s’adresse à vous ici effectue chaque jour un travail de veille et de vigie sur le traitement de l’information à Radio France qui donne lieu à des débats permanents, car oui, Mr Mélenchon, il est des journalistes qui se remettent en question.

 

Vos propos sont blessants, ils pourraient être drôles. Quand vous affirmez que certains d’entre nous « vendent des barquettes de frites dans les supermarchés pour 1000 euros de l’heure », nous pourrions en rire. Mais après de telles atteintes à notre intégrité, non, franchement, nous n’avons pas ri. Car voyez-vous Mr Mélenchon, vous qui déclariez en mars dernier que « la haine des médias était juste et saine », vous allez tellement loin que nous nous demandons quelles pourraient être les conséquences de tels propos. Si demain un ou une journaliste de Radio France se faisait physiquement agresser par une personne habitée d’une « haine juste et saine » et qui aurait mal interprété votre appel à « pourrir » des « abrutis », quelle serait alors votre réaction ?

 

« La liberté d’opinion est une farce si l’information sur les faits n’est pas garantie et si ce ne sont pas les faits eux-mêmes qui font l’objet du débat ». Hannah Arendt.

 

 

 

 

 

                                                                                          La SDJ

 

 

 

 

 

La SDJ de France Bleu soutient le journaliste agressé par l’entraîneur du Stade Lavalois.

La Société Des Journalistes de France Bleu condamne fermement l’agression physique et verbale et les menaces de mort dont a été victime un journaliste de France Bleu Mayenne le week-end dernier de la part de l’entraîneur du Stade Lavalois, Francois Ciccolini après le match entre son équipe et Boulogne-sur-Mer. Rien ne justifie de telles extrémités de la part d’un homme censé incarner un club historique du football français et donner l’exemple auprès des joueurs et des éducateurs.
Alors que Laval affronte ce mardi soir Clermont en Coupe de la Ligue, la SDJ rappelle que les journalistes doivent pouvoir exercer leur métier en toute sérénité, dans une zone mixte d’un stade et partout ailleurs. Elle restera attentive aux suites de la plainte déposée par le journaliste et à l’utilisation qui sera faite par la justice de l’enregistrement audio de la scène qui laisse notre confrère profondément choqué mais décidé à poursuivre son travail.
La SDJ appelle également le club de Laval et la Fédération Française de Football à condamner au plus vite l’attitude de M. Ciccolini et à le sanctionner si ils le jugent nécessaire.

Bulletin SDJ France Bleu – la rentrée sera chaude

DR

Alors que la saison s’est achevée et que de nombreux changements s’annoncent pour la rentrée, quelques nouvelles du réseau Bleu.

  • Rapprochement avec  France 3 : Gare à la précipitation !

Sibyle Veil l’a annoncé le 5 juin dernier, France Bleu va “expérimenter, dans le courant de l’automne 2018” des matinales communes avec France 3. Projet d’abord annoncé aux rédactions désignées pionnières : Paris et Aix. Mais les équipes toulousaines ont eu la surprise d’apprendre en plein milieu de l’été que France Bleu Occitanie allait finalement faire partie de l’expérience, sans plus de précisions ni sur le calendrier, ni sur les moyens mis en oeuvre.

Il reste à connaître la méthode et le contenu. Et pour l’instant peu de détails, exceptées les quelques précisions énoncées lors d’une conférence de rédaction à France Bleu Provence : France 3 serait ainsi en charge de la diffusion de la matinale, via des caméras dans le studio et une mise en image des reportages de Bleu dans les journaux. La responsabilité éditoriale serait laissée à France Bleu. À France Bleu Paris, la direction de la station assure que Radio France conservera la main sur l’éditorial et que France 3 aura la charge de mettre en image des sujets réalisés par la rédaction radio.

Comment adapter l’image à un sujet radio?

Ce concept pose beaucoup de questions : Qui fournira les images ? Qui s’assurera qu’elles colleront parfaitement aux angles des sujets ? Comment illustrer un sujet traité uniquement en papier ou par des interviews téléphone ? Va-t-on demander aux journalistes radio de se filmer avec leur smartphone lorsqu’ils enregistrent leur papier (la piste a été suggérée pour un autre projet de collaboration). Même si on nous assure aujourd’hui que France 3 aura la main, là encore aucune précision supplémentaire.

 

La SDJ souhaiteque la contrainte d’image ne dicte pas le choix de reportage. Nous défendrons la souplesse de réalisation propre à la radio et sa réactivité face à l’actualité.

Ne pas se jeter dans le vide

Nous avons en mémoire l’expérience des titres toutes les dix minutes, abandonnée après la chute d’audience de l’été 2016. La SDJ rappelle son attachement fort à la concertation, il faut consulter ceux qui connaissent le mieux leur métier, les journalistes de terrain.

La SDJ veillera à ce que le reportage, force de notre réseau, ne soit pas sacrifié au profit d’une présence accrue dans des matinales communes.

Début juin, Sibyle Veil assurait que cette expérimentation “ne préjuge pas de l’avenir”. On voit cependant mal comment Radio France et France Télévisions souhaiteront revenir en arrière une fois le programme commun mis en place. Il faut donc une concertation d’urgence avec les rédactions.

 

  • Quelles perspectives pour le web?

Le web reste manifestement l’une des priorités de France Bleu dans le contexte du rapprochement avec France 3. La SDJ s’inquiète logiquement des conditions dans lesquelles va s’opérer cette mutation. Céderons-nous nos contenus à un grand site d’information de service public, tel “franceinfo.fr” ?

Des équipes seront-elles chargées de rédiger ces articles en piochant librement dans les lancements des journalistes France Bleu sans que ceux-ci aient un droit de regard sur le produit fini ? Après tant d’années d’efforts, longtemps sans accord sur le multimédia, vous êtes nombreux à vous soucier de la qualité de la déclinaison web de vos sujets dans les mois à venir.

Dans les locales concernées par la mise en place d’une matinale commune avec France 3, la direction de Bleu assure défendre l’indépendance de son site Internet. La SDJ la soutient dans cette démarche.

Côté effectifs, pas plus de perspectives. Aucune annonce d’organisation ou de création de postes concrète n’est affichée par la présidence de Radio France. Y-aura-t-il un maintien de la marque “France Bleu”, de son identité et de son maillage numérique ? La question reste réellement en suspens.

 

  • L’information le soir à la radio

Le passage aux matinales “globcal” et l’accent mis sur le web imposent aux rédactions de faire des choix. Pour ne pas perdre de force de reportage, le choix qui est parfois fait est celui de la disparition des infos locales à partir de 12h. Plus de journaux, ni même de flashs locaux à 16h, 17h ou 18h. La SDJ s’inquiète que France Bleu perde en réactivité et s’interroge sur une possible généralisation du concept à terme.

 

  • Quel avenir pour la rédaction nationale de Bleu ?

L’équipe n’en a pas la moindre idée. On lui demande à la fois de se recentrer complètement sur la matinale pour se mettre au service du “globcal” et des locales mais les dernières prises de position d’élus dans la presse lui font douter de sa pérennité.

Le pôle “matinales” pourrait d’ailleurs être renforcé avec un ou plusieurs journalistes supplémentaires en  desk, journalistes de journée qui passeraient en matinale. Les journaux de la demi-heure sont maintenus pour la moitié des locales qui ne passent pas encore au “globcal” à la rentrée, reste également le ⅚ dont le contenu n’est pas précisé pour le moment.

En journée, le journal de 13h passe de 15 minutes à 3 minutes. A 19h, il reste à 15 minutes.

Pour les flashs, le poste pourrait continuer sur la lancée de cet été, c’est-à-dire un poste « convergé » : présentations des journaux franciliens de 12h, 17h et 18h et flashs natio de 14h, 15h et 16h.

 

  • Occitanie : puissance 7 avec 1 journaliste supplémentaire

L’ancienne région Midi-Pyrénées était jusque-là la grande zone blanche de France Bleu. Cela n’est plus le cas puisque depuis décembre, progressivement, le Tarn, le Tarn-et-Garonne, l’Ariège, le Gers, l’Aveyron et le Lot captent France Bleu Occitanie (ex Bleu Toulouse). L’équipe toulousaine doit donc désormais traiter l’actualité de sept départements. Pour cela, elle a reçu début juin le renfort d’un 8ème journaliste, à Toulouse. Pas de RER pour l’heure à l’horizon.

La SDJ s’interroge quant à la crédibilité éditoriale de cette ligne. Imagine-t-on une radio régionale en Bretagne avec huit journalistes à Rennes et personne à Quimper, Brest, Vannes ou Saint-Brieuc?

Sans journaliste sur place, le traitement de l’actualité se heurte à trois biais :

  • le manque de sujets “maison” et la dépendance à la PQR
  • la difficulté de traitement de sujets délicats à distance (faute de relations avec la police-justice par exemple)
  • le risque d’une information trop institutionnelle.

La SDJ est favorable à la présence, le plus possible, de reporters sur les zones où le service public est déployé.

 

  • En bref… Vous nous avez aussi interpellés sur :

La publicité sous forme de reportage : Dans plusieurs locales, l’apparition de publicités pour des banques, des assurances ou des opticiens sous forme de (très) longs enrobés ou de fausses interviews vous a surpris. Non seulement ces spots publicitaires sont trompeurs dans la forme, mais en plus ils sont souvent diffusés dans la matinale à quelques minutes seulement de véritables rendez-vous d’infos et leur format dépasse largement ce que les journalistes produisent. La SDJ s’interroge sur la marge de manœuvre de France Bleu quant à la forme des publicités diffusées sur ses antennes.

Les signatures : la SDJ n’est pas favorable à l’idée de faire un distinguo systématique à l’antenne des grades des uns et des autres. Si le rédacteur en chef intervient dans les journaux, il le fait en tant que journaliste, pas en tant que rédacteur en chef. Il ne nous semble pas utile de spécifier systématiquement son statut.

 

Les membres de la SDJ de France Bleu restent à votre disposition sur toutes les questions éditoriales et de déontologie que vous rencontrez dans l’exercice de votre travail chaque jour.

N’hésitez pas à nous contacter personnellement ou collectivement via l’adresse sdjradiofrance@gmail.com

 

Amélie Bonté (Le Havre)

Rémi Brancato (Paris/93)

Didier Charpin (Caen)

Bénédicte Dupont (Toulouse)

Jérémy Marillier (Orléans)

Marie Mutricy (Le Mans)

Anne Pinczon du Sel (Dijon)

Justine Sauvage (Rennes)

Denis Souilla (Rédaction numérique)

David Valverde (Saint-Étienne)

Suppléants :

Tanguy Bocconi (Perpignan)

Valentin Dunate (Paris)

Isabelle Gaudin (Rédaction numérique)

Nicolas Olivier (Paris)

Arnaud Racapé (Dijon)

Virginie Salanson (Rédaction numérique)

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Twitter : @SDJRadioFrance
Site internet : http://sdjradiofrance.fr/

Quand France Info TV plante, c’est Radio France qui répare

L’ATN, ou le 22 00, est notre bouée de secours à tous.

Ce sont les 18 techniciens du support technique que nous pouvons appeler 24h/24 et 7 jours sur 7 en cas de problème informatique (Edito, Netia et autres logiciels). Ils sont ô combien utiles quand Netia plante juste avant un journal. Ils ont sauvé bien des situations.

A partir du 1er juillet, en plus des antennes de France Inter, France Info, France Bleu (les 44 locales), France Culture, France Musique, FIP, Mouv, ces techniciens devront en plus assurer le support de France Info TV.

A effectifs constants.

Et surtout, après seulement 2 jours et demi de formation, alors que clairement, assurer le support technique d’une radio et d’une télé, ce n’est pas le même métier.

Jusqu’à présent le support technique de France Info TV était assuré par un prestataire extérieur.

Mais pour des raisons de coûts, la direction souhaite que ce support soit assuré par l’ATN.

Elle demande même à l’ATN de traiter en priorité les appels de la TV et non de la radio.

Ce qui pourra provoquer des retards dans la prise en charge des problèmes des antennes radios.

La SDJ de Radio France apporte son soutien le plus total aux personnels de l’ATN qui viennent d’adresser une motion à leur direction. Nous ne souhaitons pas que cette nouvelle charge de travail nous pénalise, nous, journalistes de la radio.

Puisque nous avons tous du « talent » comme nous le redit aujourd’hui notre PDG Sibyle Veil, n’oublions pas que la qualité se construit à chaque maillon de la chaîne.

Encore une fois, le cœur de métier de Radio France est la radio, pas la TV.

La SDJ de Radio France

France Bleu-France 3 : premières expérimentations, premières maladresses

C’est une consigne dans le cadre du rapprochement France Bleu-France 3 : organiser des débats diffusés par les deux chaînes. L’un des premiers exemples donne matière à réflexion.

Le thème : la légitime défense. Un mois avant un procès médiatisé. « Mais, nous précise l’encadrement, « sans faire le procès avant le procès ».

En plateau l’avocat du prévenu dans ce fameux procès, avec pour contradicteur un avocat de la Ligue des droits de l’Homme.

L’avocat des parties civiles au procès n’est pas convié et, sans surprise, s’en est offusqué publiquement.

Courrier aux rédactions et menace de faire de cette émission un incident d’audience. Il a aussi refusé de répondre aux journalistes du service public en amont du procès, avant de revenir à nos micros pendant l’audience.

Les deux rédacteurs en chef ont répondu par un courrier commun en assumant l’émission et son casting.

Thématique sensible, invités, éventuelles conséquences : tout cela aurait dû être débattu en amont avec les deux rédactions dans leur ensemble.

La SDJ de France Bleu n’est pas opposée par principe aux coopérations avec France 3. Mais un minimum de concertation avec les équipes s’impose.

Il est aussi important que les projets soient portés de manière équitable par les deux chaînes.

La SDJ attend de la direction de France Bleu des consignes claires pour les expériences à venir.

Fuite en série de grands dirigeants de Radio France vers le secteur privé

Laurent Guimier, ancien directeur délégué aux antennes et aux contenus de Radio France et ancien directeur de France Info, vient donc d’officialiser sa nomination comme nouveau patron d’Europe 1 au sein du groupe Lagardère.

« La loi de l’offre et de la demande », « le jeu du mercato des médias » dira-t-on.

Pourtant, si le professionnalisme et la probité d’un homme comme Laurent Guimier ne sont pas en jeu, la SDJ Radio France s’interroge sur cette fuite en série de grands dirigeants de Radio France vers le secteur privé.

Après Frédéric Schlesinger (ex-directeur délégué aux antennes et aux programmes et membre du comité exécutif de Radio France), un nouveau haut dirigeant qui a partagé l’intimité des projets stratégiques et éditoriaux du service public rejoint une entreprise privée. Et cela dans un moment assez inédit de concurrence et d’observation mutuelle entre médias.

Radio France n’a pas la capacité de rivaliser financièrement avec le groupe Lagardère. Imposer des clauses de non-concurrence à ses hauts dirigeants coûte probablement très cher. Et il n’est sans doute pas souhaitable qu’un groupe public engage des sommes conséquentes pour cela dans une période de fortes restrictions budgétaires.

Mais devant cette situation, et dans cet environnement hyper concurrentiel, le service public ne peut pas se laisser dépouiller sans disposer d’outils pour se protéger.

Il est de la responsabilité de nos dirigeants, de la tutelle de l’Etat, et de nos responsables politiques, de réfléchir à cette nouvelle réalité. Et de doter Radio France de tous les moyens lui permettant d’exister en protégeant ses projets, ses compétences et ses savoir-faire.

La SDJ espère que ces questions brûlantes ne seront pas oubliées dans les discussions en cours sur la grande réforme de l’audiovisuel public.

La SDJ de Radio France

Chef de guerre et bataille d’audience

Emmanuel Macron s’est exprimé dimanche soir sur BFM-TV et Mediapart. Il s’agissait de sa première intervention publique depuis la décision de la coalition, à laquelle appartient la France, de mener des frappes en Syrie.

Or, la diffusion de cette interview par les autres médias a été soumise à des conditions très strictes : pas de diffusion moins d’une heure avant la prise de parole initiale, durée limitée à une minute jusqu’à la fin du direct, utilisation de 10mn maximum ensuite,…

Si on peut tout à fait comprendre la volonté d’un média de soigner l’exclusivité dont il bénéficie, voire le féliciter d’un tel scoop, il est toutefois étonnant qu’un président de la République – et chef des Armées – accepte de se plier à ces règles, alors qu’il s’agit, ici de s’exprimer sur un pouvoir régalien, qui engage tout un pays.

La SDJ de Radio France ne peut que regretter que la parole présidentielle, qui devrait ici être publique, parce que sur un sujet grave, soit soumise à des enjeux d’audimat.